lundi 3 janvier 2011

On verra bien

Tout d'abord, je tiens à vous souhaiter une joyeuse année remplie de makis et d'orgasmes (les premiers étant condition nécessaire des seconds). Oui j'ai un petit manque niveau bouffe de bridé là tout de suite.

Bon. On m'a gentiment fait remarquer qu'il y avait toujours un mec nu qui trainait dans mes articles et qu'il fallait que j'arrête de parler de cul et d'alcool comme si je venais de découvrir la vie. Il faut que je la joues blasée, tu vois, genre mon quotidien c'est de sniffer de la coke sur les seins de putes de luxe mais j'en fais pas toute une histoire. Oups je repars dans la mauvaise direction.

Alors on va causer réveillon, nouvelle année, janvier. Janvier. Janvier est un mois où on commence à s'enfoncer dans l'hiver sévèrement, presque autant que dans ses propres bourrelets. Janvier c'est comme trente et un jour de gueule de bois ininterrompue, c'est un ciel perpétuellement blanc et vide, ce sont des résolutions incompatibles avec tout ce qui nous entoure : les amis qui fument, les plats toujours trop riches au resto, les pintes à deux euros juste à côté, la piscine qui est au contraire encore loin, toujours tellement trop loin, et surtout le froid qui nous donne la flemme de faire quoique ce soit de notre vie.
Autant dire qu'on repart du mauvais pied. Oui, mais.

La nuit du 31, étalée en piteux état de tout mon long sur un canapé, je me suis demandé pourquoi on faisait tout un plat du 31, en dehors du côté pression sociale. On est d'accord, le réveillon c'est l'occasion de foirer une soirée, de s'engueuler avec ses potes, et de se détester le lendemain matin pour n'avoir fait de sa vie qu'un brouillard de fumée et de vapeurs alcoolisées.
Mais à ma grande surprise j'ai découvert des arguments pro-la nouvelle année c'est important. En effet, ce n'est pas tous les jours que l'espèce de flot indistinct que constitue le temps nous donne l'occasion de tourner la page. Tourner la page, c'est à dire, ne prendre que le meilleur de 2010, et fuck le reste. Le reste c'était avant, l'an dernier, à savoir dans des temps immémoriaux. C'est aussi l'occasion de mettre des choses derrière soi : les échecs, les gens qu'on n'aime plus, les hontes ; toutes ces petites plaies pas cicatrisées qui nous font souffrir sans qu'on s'en rende compte, qui entretiennent le dénigrement de soi, qui alimentent la petite phrase qu'on se répète avec un certain masochisme lorsque la répétition des jours nous accable : "ah, c'est bien toi, ça."
Peut-être que la nouvelle année, ce peut être une occasion (parmi tant d'autres) de se pardonner un peu de de se laisser d'autres chances. Illusion, certes. Mais illusion féconde je pense. On verra, hein ?

C'est en gros ce que j'ai raconté la nuit du 31 avec deux grammes d'alcool dans le sang à un anglais cocaïnomane. J'aurai essayé.

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