Il n'avait que cette phrase à la bouche.
T'as changé, c'est fou, non je te jure, ohalala c'est dingue comme t'as changé, regarde-toi, t'as tellement changé.
Nous étions en terrasse, aussi je ne pouvais pas le jeter sous un bus, et je buvais donc sans reprendre ma respiration, pour ne surtout pas répondre.
"T'as changé." Cette phrase pue. Elle pue, parce que c'est une évidence débile. Oui, j'ai changé. Certaines cellules sont mortes, paix à leur âme, de nouvelles sont arrivées avec le printemps, c'était merveilleux : c'est le cycle inexorable magnifique de la vie, mon chou.
Mais bon, "t'as changé", au troisième verre, dans la bouche de ce type, ça peut vouloir dire deux choses uniquement :
T'as changé, oh putain t'as changé, t'es devenue super bonne, tellement bonne que je n'arrive à te dire que ça.
T'as changé, oh merde t'as changé, t'es devenue un gros tas, j'ai envie de rentrer chez moi, aide moi s'il te plait.
Désireuse de ne pas y passer la nuit et de rentrer chez moi avant la fin de X Factor dans le cas n°2, j'ai décidé de lui poser la question à dix mille euros.
J'ai posé mon verre, ce qui m'a fait paniquer, passé ma main dans mes cheveux, je l'ai regardé un peu sérieusement et j'ai lâché :
"C'est une idée fixe ? T'es monomaniaque ? Parce que ça ne m'étonnerait pas en fait, je veux dire, il suffit de voir ta mère."
Hahahahahahahaha.
Bref, j'ai lâché, la bouche en coeur :
"Ah ouiiiiiiiiiiiii ? Et commeeeeeeeeeeent ?"
Et là, sa réponse a été NULLE. Mais vraiment. Rien qui me dise si la suite de ma soirée sera placée sous le signe du X Factor ou du X tout court.
"Ben tu vis à Paris quoi."
"..."
"Tu... Tu fumes. Tu as l'air cultivée. Tu fais du vélib."
Et ça a continué comme ça pendant dix minutes. Une litanie de clichés, ohlalala la parisienne, ceci cela, les bobos, les fixies, le bio, le théâtre de la colline, la viande des grisons.
Finalement, il a pris conscience de mon air de plus en plus renfrogné et a voulu me faire un compliment.
"Tu vis dans le quatorzième.. T'es montée en grade quoi.. Je veux dire, c'est la classe..."
Là j'ai craqué, je lui ai parlé de mon sanibroyeur, du SDF qui squatte mon placard, de mon robinet de douche qui a trois jets, de ma poubelle qui fuit. Je lui ai dit que je ne voulais surtout pas d'un de ces parisiens pédés qui m'emmène au théâtre. Je lui ai avoué que je voulais un homme, un vrai, qui répare tout chez moi, m'insulte pendant l'acte, et me bat occasionnellement pour raviver la flamme.
Je suis repartie avec le numéro de son plombier, Marlon Brando. Chassez le naturel...
jeudi 28 avril 2011
lundi 4 avril 2011
De l'handicap sentimental.
Jour après jour, je constate que les handicapés du sentiment et de l'amour sont de plus en plus nombreux, du SDF qui m'interpelle depuis l'autre quai pour gentiment me signaler que ma jupe est trop courte (hihi) à mes copines qui sont des MBCIF (meuf bien comme il faut, je suis en train de me dire que ça ressemble à un nom de produit financier barbare, je kiffe).
Il faut dire, ma bonne dame, que par les temps qui courent... rien n'est facile. Des mamans seules, des papas qui deviennent des mamans, des mamans qui préfèrent les autres mamans aux papas, des femmes qui travaillent et savent lire,... forcément c'était la perte d'identité sexuelle assurée, et la porte ouverte à tout le bouzin de la Gay Pride. VOUS NOUS FAITES CHIER AVEC VOS BARBUS EN ROBE (et non, je ne parle pas des islamistes, eux sont bien comme il faut au moins).
Moi je dis : un père, une mère, un fils pour remplacer papa, une fille pour remplacer maman, et un troisième enfant pour la France et les allocs. Une baraque en banlieue, deux voitures, une télé. La vraie vie !
Bref. Là n'est pas le sujet. Je voulais parler du handicap sentimental. Les handicapés sentimentaux sont partout et un handicapé sentimental potentiel sommeille en chacun de nous. On les appelle "enfoiré affectif", "connard", "salope", "fille aux chats",...
Il faut dire que c'est compliqué les relations amoureuses.
La fille veut se faire désirer, normal, elle écoute encore certains conseils de sa grand mère. Fumer et boire ce n'est plus vulgaire mamie, par contre tenir un mec par les couilles c'est toujours terriblement classe. Et puis, il n'y a rien de plus beau qu'un mec frustré dans son désir, c'est bien connu, et puis comme ça ça fait plein d'éjaculateurs précoces. Bref elle veut les rendre tous fous, leur faire tourner la tête, comme dans les pubs, comme dans les contes, être toujours désirée partout et par tous, la vraie vie quoi.
Le mec, censé harponner la donzelle, peut cependant lui aussi décider de se faire désirer, surtout s'il est beau gosse de prendre sa (juste) revanche sur la stratégie féminine... et de les rendre toutes folles.
Bref tout le monde veut rendre tout le monde fou, et finalement tout le monde devient fou.
En effet, c'est ainsi qu'on finit par regarder son portable telle une constipée pendant trois jours avant de répondre au texto envoyé par un type canonissime - et réciproquement, c'est ainsi qu'on finit par insulter sa mère au téléphone parce qu'on attendait un autre appel que le sien.
Pas mal, hein ?
Voilà, à bas les règles de la séduction, soyez collants et mielleux, dites vous "je t'aime", par texto, le premier soir, avec des smileys. Je vous laisse y réfléchir. Je ne re-posterai pas avant un bout de temps je pense. Ben oui, il faut savoir se faire désirer...
Il faut dire, ma bonne dame, que par les temps qui courent... rien n'est facile. Des mamans seules, des papas qui deviennent des mamans, des mamans qui préfèrent les autres mamans aux papas, des femmes qui travaillent et savent lire,... forcément c'était la perte d'identité sexuelle assurée, et la porte ouverte à tout le bouzin de la Gay Pride. VOUS NOUS FAITES CHIER AVEC VOS BARBUS EN ROBE (et non, je ne parle pas des islamistes, eux sont bien comme il faut au moins).
Moi je dis : un père, une mère, un fils pour remplacer papa, une fille pour remplacer maman, et un troisième enfant pour la France et les allocs. Une baraque en banlieue, deux voitures, une télé. La vraie vie !
Bref. Là n'est pas le sujet. Je voulais parler du handicap sentimental. Les handicapés sentimentaux sont partout et un handicapé sentimental potentiel sommeille en chacun de nous. On les appelle "enfoiré affectif", "connard", "salope", "fille aux chats",...
Il faut dire que c'est compliqué les relations amoureuses.
La fille veut se faire désirer, normal, elle écoute encore certains conseils de sa grand mère. Fumer et boire ce n'est plus vulgaire mamie, par contre tenir un mec par les couilles c'est toujours terriblement classe. Et puis, il n'y a rien de plus beau qu'un mec frustré dans son désir, c'est bien connu, et puis comme ça ça fait plein d'éjaculateurs précoces. Bref elle veut les rendre tous fous, leur faire tourner la tête, comme dans les pubs, comme dans les contes, être toujours désirée partout et par tous, la vraie vie quoi.
Le mec, censé harponner la donzelle, peut cependant lui aussi décider de se faire désirer, surtout s'il est beau gosse de prendre sa (juste) revanche sur la stratégie féminine... et de les rendre toutes folles.
Bref tout le monde veut rendre tout le monde fou, et finalement tout le monde devient fou.
En effet, c'est ainsi qu'on finit par regarder son portable telle une constipée pendant trois jours avant de répondre au texto envoyé par un type canonissime - et réciproquement, c'est ainsi qu'on finit par insulter sa mère au téléphone parce qu'on attendait un autre appel que le sien.
Pas mal, hein ?
Voilà, à bas les règles de la séduction, soyez collants et mielleux, dites vous "je t'aime", par texto, le premier soir, avec des smileys. Je vous laisse y réfléchir. Je ne re-posterai pas avant un bout de temps je pense. Ben oui, il faut savoir se faire désirer...
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