vendredi 26 novembre 2010

ROARING TWENTIES

J’ai toujours un peu de mal à comprendre les gens qui voudraient revenir à leurs vingt ans. Enfin si je les comprends, parce qu’on vit dans une société où on préfère cacher les morts dans des mouroirs et il faut dire que les vieux vont commencer à nous faire chier avec leurs millions de retraites. Enfin tout ça c'est politique.
Et puis c’est toujours sympa de pouvoir se dire qu’on a la vie devant soi, même si ce n’est pas vraiment vrai, puisqu’on ne sait jamais combien de temps on a devant soi au juste et qu’il faudrait vivre dans le présent même si personne n’y arrive. Ca se voit que j'ai fait une khâgne là non ?
Mais le truc surtout, c’Est-ce que j’ai l’impression que les vieux s’imaginent leurs vingt ans comme une perpétuelle cuite sans gueule de bois dont-ils paieraient les frais maintenant seulement (frustrations professionnelles pour cause de glandage intensif, frustration affective pour cause d’instabilité chronique, ou dans les pires cas maladies cardio-vasculaires/gastriques pour cause de je vous laisse imaginer).


Alors qu’en fait avoir vingt ans je trouve ça sympa (en partie par conformisme d’ailleurs) mais aussi profondément insécurisant. C’est vrai quoi, on en parle jamais de cette envie d’appeler sa maman un lendemain de cuite quand on est en proie à une crise existentielle post-vomi à base de qu’Est-ce que je fais de moi et de ma vie. On ne parle jamais non plus de cette envie de rentrer à la maison histoire de dormir dans des draps propres, de manger des brocolis et d’avoir de bonnes notes à l’école lorsqu’on rentre dans sa chambre de bonne pour travailler un truc qui paraît absurde (surtout après une cuite d’ailleurs). On ne parle jamais non plus du sens vertigineux des possibles qu’on a à cet âge là (j'ai lu ça dans courrier inter hein c'est pas de moi) et qui se résume à « je pourrais tout faire tout peut m’arriver je ne fais rien pourtant oh mon dieu rien ne va m’arriver c’est terrible il faut que j’aille sur facebook ». Dites moi si vous avez l’impression que je parle de moi à la troisième personne hein mais je pense pas. On ne parle pas non plus assez de la solitude de la jeune fille de vingt ans face à la fuite de son sanibroyeur qui menace ses chaussures toutes neuves style Louis XIV à talons adaptées aux couloirs de la sœurbonne pendant qu’elle déroule fébrilement son dernier rouleau de Sopalin (ben ouai, pas encore de serpillère). Ok là c’était moi à la 3ème personne. Et c’est une solitude que je vous souhaite de ne jamais connaître.

C’est marrant depuis quelques temps je me dis que ça ne doit pas être si mal d’être vieux parce qu’au moins on n’attend plus rien de toi... donc si tu es suffisamment en forme pour en profiter, ça peut être assez génial, surtout qu’avec la réforme des retraites, si j’ai bien compris en quoi ça consistait, on va tous être milliardaires. Hein ?
Et face au sani, tu as logiquement des années d’expérience - ou tu peux prétexter un mal de dos pour que tes enfants ingrats viennent te le réparer - voire te faire payer la réparation (rapport aux retraites).

Bref vivons vieux et en forme, et pour cela, soyons jeunes comme si on était vieux. Ou alors on trouve un équilibre...
Genre bridge-vodka, dîner en ville-amnésia, MDMA-aquagym. Oh putain je tiens un truc. Je vais envoyer un mail à courrier inter.

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